Histoire de Saint Pierre le Moûtier

Le bailliage royal de Saint-Pierre-le-Moûtier

 

Bailliage créé par Philippe-Auguste en 1222 (ou en 1316 selon les auteurs). Il comprend dans son ressort l'Auvergne, le Bourbonnais, le Berry et le Nivernais.

Le bailli possède à la fois le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire : police des villes du bailliage, convocation des réunions pour la nomination des maires et conseillers municipaux.

1610-1789 : Peu d'évènements marquants au cours de cette période. Saint Pierre se contente de rendre la justice et de mettre en ordonnance les décrets et les lois du Roi.

 

 Au XVIIéme, l'animosité entre Nevers et Saint Pierre est de plus en plus grande.

 

Un arrêt du Parlement de Paris est obligé de préciser les rôles de chacun afin que cesse un conflit qui durera encore longtemps.

Pendant les deux siècles précédant la révolution française, il se passa peu de choses. Toutefois, on peut signaler le passage de Louis XIV qui couche dans la ville le 20 Janvier 1659, ainsi que la création de divers établissements religieux. En 1622, des augustins construisent un couvent au sud de la ville.

Peu de temps auparavant, des chanoines fondent un collège et bâtissent une église, nommée Eglise Notre-Dame.

Le 10 Juillet 1647, des Ursulines venant de Corbigny fondent un couvent pour l'éducation des jeunes filles. Il y a souvent des conflits de religieux, et notamment entre les augustins et les ursulines, dont les établissements étaient en face l'un de l'autre.

 

 La Révolution Française 

 

Sous le règne de Louis XVI, les graves difficultés économiques obligent le roi de France à convoquer les Etats généraux, qui ne s'étaient plus tenus depuis 1614 (sous Louis XIII). Les Etats généraux ont été peu convoqués (32 fois en 489 ans). C'est donc dans un ultime recours que Louis XVI fait appel au peuple. Il a l'espoir de sortir son royaume et ses "enfants" de cette crise financière. Mais l'histoire en décidera autrement.

En 1788, l'annonce de la convocation des Etats Généraux ravive la vieille rivalité entre les bailliages de Nevers et de St Pierre le Moûtier qui se partagent le duché du Nivernais, et il fallut l'intervention royale pour arbitrer le conflit. ( voir le récit de cet épisode). Il n'y avait aucune norme de délimitation des deux bailliages : deux villages voisins, et dans les villes, deux paroisses voisines pouvaient relever d'un bailliage différent ( voir carte). Il en résultait pour les justiciables une complexité difficilement imaginable.

Le bailliage ducal de Nevers avait le droit de convoquer les Etats, un arrêt royal déterminait qu'il y serait nommé 8 députés. Mais uniquement 4 députés pour le bailliage royal de Saint Pierre. Vive protestation de cette dernière. En effet, siège de représentation du Roi, il n'était pas normal que Nevers est aussi droit d'élire des députés. Cela amena d'autres complications au sein du Duché : dépendance de certains fiefs, non reconnaissance de Nevers pour certains Droits (économique ou politique). Malgré les complications chaque Bailliage eut son lot de députés.

Après les Etats Généraux, Saint Pierre perdit sa fonction de ville royale. La ville devient, en 1790, l'un des 19 chefs-lieux de districts du département de la Nièvre. De nouvelles élections eurent lieu afin de nommer les députés de ces districts récemment crées. Sous la Terreur, elle prit le nom de Brutus-le-Magnanime. Les patriotes se réunissaient en l'église Ste Babyle (aujourd'hui détruite). Chose surprenante, il n'y eut ,jamais de guillotine à St Pierre. Fait assez rare pour une ville alors importante. Ainsi tous les suspects eurent la vie sauve.

L'époque glorieuse de la ville s'achève sous le premier empire. St Pierre-le-Moutier devint simple chef-lieu de canton. La bagarre pour le bailliage qui tourna finalement à l'avantage de Nevers fut sans doute l'une des causes qui coûtèrent à St Pierre la préfecture du département. Cette dernière, trop proche de Nevers, n'obtint même pas le titre de sous-préfecture. Le vivier de moines et de religieux perdit de l'importance au fil des ans, jusqu'à disparaître totalement.